Tout a commencé à ma naissance. Je ne suis pas née seule. Oui, dix minute après moi, ma s½ur jumelle est née. Elle s'appelait Darlene. A cette époque mes parents étaient encore ensemble... nous avons vécu cinq belles années tout les quatre. Darlene et moi étions très proches. A cet âge là, on commençait tout juste à découvrir vraiment les liens qui nous unissaient... cette chose si indéfinissable qui était d'avoir une jumelle... Penser les mêmes choses... Rêver les même rêves... Ressentir la joie ou le malheur que sa s½ur ressent... Tout ça, on commençait à peine à le découvrir. Bref, nous avons donc passé cinq années heureuses avec nos parents, jusqu'au jour où ça a dérapé...
Darlene et moi étions dans notre chambre à jouer aux petits chevaux. Darlene commençait à se demander où était passé un de ses pions... C'était moi qui lui avait pris et elle était en train de le deviner... On jouait donc tranquillement jusqu'à être intérrompu par des cris provenant de la cuisine.
« - De quoi ?! cria mon père
- mais c'était la dernière fois ne t'inquiète pas ! Ça va ! On est jeune ! T'as vingt-cinq ans et moi vingt-trois ! On peut s'amuser ! Et puis je t'ai dit que c'était la dernière fois ! fit ma mère pour rassurer mon père.
- ET JE TE RAPPELLE QU'ON A DES JUMELLES QUI COMPTENT SUR NOUS CLARISSE !!! TU ES LEUR MERE !!!
- c'est bon je t'ai dis que c'était la dernière fois !
- LA DERNIERE FOIS ?! A CHAQUE FOIS QUE T'EN AS PRIS TU L'AS DIT ET T'AS TOUJOURS PAS ARRETE !
- ÇA VA C'EST QU'UNE TATA !!
- QU'UNE TATA ?! EST-CE QUE TU SAIS CE QUE ÇA REPRESENTE UNE TATA ?! ET EST-CE QUE TU SAIS CE QUE ÇA REPRESENTE TOUTE LES TATA QUE T'AS PRIS EN UN AN ?!
- ...
- T'ES UNE MERE IRRESPONSSABLE ET UNE COPINE DEPENDENTE ! JE PEUX PAS, CLARISSE, JE PEUX PLUS ! C'EST IMPOSSIBLE D'ÊTRE BON PARENT QUAND ON EST AVEC TOI ! »
Cette phrase choqua ma mère... et d'un ton trahissant sa peur et mélangé de tristesse et d'inquiétude elle lui répondit :
« - Qu'est-ce que t'es en train de me dire là ?! T'es pas en train de...
- SI CLARISSE, SI! JE PEUX PLUS JE TE L'AI DEJA DI ! J'PEUX PLUS ! JE PARS !
- ET OU ? répondit ma mère les larmes aux yeux
- Loin de toi ! tu peux pas t'occuper des jumelles ! JE LES AMMENNE AVEC MOI ! s'adressant maintenant à moi et à ma s½ur: DARLENE, CECILE ! »
Moi j'étais terrifiée et je sentais bien que darlene l'était aussi. Mon père monta l'escalier à toute vitesse pour venir dans notre chambre. Il sortit un sac de notre placard et nous le donna.
« - Mettez y culottes, t-shirts, pantalons, chaussettes et tout le bordel, on y va maintenant, fit mon père en essayant d'avoir une voie douce malgré le fait qu'il était déçu par notre mère. Dans l'escalier on l'entendait crier en pleurant :
- Fred fait pas ça ! vous êtes tout ce que j'ai ! Si tu pars et qu'en plus tu prends les filles j'pourrais pas !
- SI TU POURRAS !!! T'AURAS TOUJOURS TES TATAS POUR TE CONSOLER ! ELLES COURENT UN DANGER SI JE LES LAISSE AVEC TOI ! cria mon père »
Nous on s'était dépêché de remplir le sac comme il nous l'avait dit... Papa nous emmena dans la voiture. Il claqua la portière, monta devant et partit, avec nous à l'arrière, laissant maman en pleurs devant la maison. Nous on se demandait ce qu'il pouvait bien se passer, mais on n'osait rien dire. C'est au bout de dix minutes que Darlene se décida enfin.
« - Papa elle a fait quoi maman ?
- Elle a fait une grosse bêtise. Ne vous occupez pas de ça, ne vous inquiétez pas ok ? »
Mais nous, petites curieuses qu'on était, on avait bien écouté la dispute et on se demandait bien en quoi le fait que maman ai prit tata avec elle était une bêtise... D'ailleurs si elle avait prit tata avec elle c'était surement pour l'emmener faire les magasins ! Elle adorait ça tata Océ' ! mais bon... avec un peu de recul et quelque années en plus, j'ai vite compris qu'il ne s'agissait pas de tata Océ' mais de comprimets d'extasy...
« - Papa on va où ? Demandais-je d'un air inquiet à mon père.
- Chez Gueguette... répondit-il »
Gueguette c'était son copain Gaétan. Il était trop rigolo, il faisait tout le temps le clown... alors Darlene et moi on s'est tapé la main en disant « ouais ! ». Papa a esquissé un sourire mais n'a rien dit de plus pendant le voyage.